Analyse | Pour le Rocket, débordé par les Checkers, l’avenir se conjugue au présent
Il y avait un petit côté fête foraine à ce deuxième duel de la série demi-finale entre le Rocket et les Checkers jeudi soir, à Laval, les attractions et les toutous en moins. Qu’en reste-t-il alors? Un certain divertissement et, surtout, un folklore. Des bouteilles de bière lancées sur la glace à bout de bras aussi et d’autres objets non identifiés. Un peu plus et l’on se serait cru à un match de séries éliminatoires des Maple Leafs. Si bien que le descripteur vedette des rencontres du Canadien, Martin McGuire, de passage pour son bon plaisir sur la galerie de presse lavalloise, s’est exclamé à plusieurs reprises : À ce chapitre, il en connaît un rayon pour avoir décrit dans son jeune temps des matchs d’une autre époque de clubs mythiques comme les Lumberjacks de Cleveland aux Komets de Fort Wayne dans la défunte Ligue internationale (IHL). Pour une deuxième rencontre d’affilée, le Rocket a perdu son sang-froid et s’est fait écraser moralement, sportivement. Un deuxième revers en autant de soirs, celui-ci de 5-2, et un retard de 0-2 dans la série au moment où tout ce beau monde met le cap sur Charlotte pour y disputer les trois prochaines rencontres, si nécessaire. La foire d’empoigne a commencé dès l’échauffement. Les deux équipes ont formé un petit attroupement au centre de la glace pour échanger des politesses avec les suspects habituels du Rocket : Florian Xhekaj, Logan Mailloux, Xavier Simoneau. Après dix minutes de hockey, disons, plus traditionnel, les Lavallois ont commencé à se laisser distraire par les décisions des arbitres qui ne tournaient pas en leur faveur. Et les Checkers, le club-école des Panthers de la Floride qui pratique un style fort semblable à celui prôné par la maison mère, ne se sont pas fait prier pour les déconcentrer davantage. Scène de l'avant-match du duel entre les Checkers de Charlotte et le Rocket de Laval, jeudi soir Photo : Laurent Corbeil/Rocket de Laval Du rififi après chaque sifflet, des mises en échec un peu tardives, toujours sur la ligne émincée et floue de la discipline des séries éliminatoires, et il n’en fallait pas plus pour que certains sortent de leurs gonds. Comme ç’a été le cas mercredi soir. Comme ce fut le cas aussi il y a une semaine lors du quatrième match de la série contre les Americans de Rochester. Cette perte de contrôle, ils l’ont tous admise. Au bout du compte, 9 punitions de 10 minutes pour conduite antisportive ont été distribuées, dont 6 au Rocket. Laval peinait à se contenir lorsque le match était encore à portée de main et a d’abord joué d’indiscipline. Les Checkers ont ouvert la marque pendant une punition de quatre minutes à Joshua Roy. Lorsque Charlotte est passée de 2-0 à 4-0 en l’espace de 44 secondes, le peu de contenance restante a disparu. Logan Mailloux, blessé selon l’entraîneur Pascal Vincent, a même trouvé le moyen de se faire expulser de la rencontre sans jouer une seule seconde en troisième période parce que trop bavard. Xhekaj, Simoneau, on en passe et des meilleurs, l’ont suivi aux douches peu de temps après. Ils n’étaient plus que six joueurs au banc du Rocket en fin de match, renvoyant à nouveau une image un peu… folklorique, disions-nous. Avant le début de la série, il était souvent question d’une différence fondamentale entre les deux équipes : l’expérience. Les Checkers en possèdent beaucoup, autant dans la Ligue américaine que dans la Ligue nationale; le Rocket, un peu moins. Ce genre de synopsis peut parfois être monté en épingle un brin. Force est de constater que cette disparité est flagrante jusqu’ici. Adam Engström du Rocket de Laval est malmené par un joueur des Checkers de Charlotte, jeudi soir. Photo : Laurent Corbeil/Rocket de Laval Car c’est essentiellement ça qui importe : l’apprentissage. Adam Engstrom apprend, David Reinbacher aussi, Mailloux également. Qui pourra en profiter dans la LNH? Ça reste à voir, mais comme le dit Vincent, rien de tout cela ne sera perdu. Reinbacher, par exemple, dont le fait le plus saillant aura été de commettre un revirement majeur avant le cinquième but de la visite, ne s’est pourtant pas laissé décontenancer par ces querelles ou par sa bourde et a peut-être été le défenseur le plus stable de son groupe. Même quand les carottes étaient cuites, l’Autrichien de 20 ans a montré de l’aplomb avec du jeu sobre et efficace. Un de ses contres en défense à un contre un lui a permis de relancer l’attaque qui a mené au premier but des siens et il a lui-même mis la touche finale pour inscrire le deuxième en avantage numérique d’un bon tir sur réception. Aux yeux de Harvey-Pinard, même si le match était hors de portée, ces jeux ne sont pas des calories vides. Vincent aussi s’en est enthousiasmé. Quand il va être encore plus gros, plus fort, qu’il y aura plus de maturité dans son jeu, il aura acquis des habiletés. C’est très emballant, il joue du gros hockey pour nous. Honnêtement, c’était bien tout ce qu’il y avait d’emballant pour les amateurs présents à la Place Bell jeudi soir et ce n’était pas exactement la première chose qui sautait aux yeux. N’empêche que Reinbacher, dont on croyait la saison gâchée en septembre en raison de son opération au genou, rattrape du temps précieux actuellement. Et pour le CH, ça vaut bien plus qu’un retard de 0-2 en demi-finales de la Ligue américaine.C’est ça la Ligue américaine.

Ça part juste de nous autres, a estimé Rafaël Harvey-Pinard. On ne joue pas le hockey qu’on sait qu’on est capables de jouer. Ce sont deux mauvais matchs. Quand tu sais que tu es capable de mieux jouer, c’est frustrant et je pense que ça part de là. On perd un peu le contrôle
, a laissé tomber le Saguenéen de 26 ans.On s’est laissés embarquer dans du picossage
, a ajouté Brandon Gignac.Dichotomie
Présentement, c’est un défi
, a laissé tomber Vincent.Je pense qu’on a le caractère dans la chambre pour apprendre de ça. Si on regarde le portrait d’ensemble : on est une équipe relativement jeune, on a eu une saison incroyable, on arrive en séries, on est rendus dans les quatre derniers et là, on fait face à une équipe qui a beaucoup d’expérience. Ce sera bénéfique dans le futur, mais présentement, c’est très frustrant
, a admis l’entraîneur.Il faut qu’on apprenne à gérer cette façon de jouer dans les séries. Il n’y a pas d’espace, c’est difficile, après chaque sifflet il y a des attroupements
, a-t-il renchéri.
Les fins de matchs sont importantes pour bâtir quelque chose en vue du prochain
, a laissé tomber l’ailier.
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